Dans ma famille, on aime la cuisine et tout ce qui tourne autour. Je me rends compte que finalement, elle est plus ou moins présente dans la vie des membres de ma famille depuis quelques générations. Que cela soit sur le plan professionnel ou sur le plan affectif. J’ai moi aussi choisi un métier en rapport avec l’alimentation, sans trop en comprendre le sens à l’époque. Avec le recul je me dis que ce n’était peut être pas innocent, mais bien dans la lignée d’une évolution… la cuisine est venue à moi comme une évidence, de façon plutôt inattendue, mais aujourd’hui je ne pourrais m’en passer.
Je vous ai parlé l’autre jour des talents culinaires de mon Papa. Il ne se met pas souvent aux fourneaux, mais quand cela arrive, il déborde de créativité. Il est plus intuitif que moi, fonctionne de préférence à l’instinct. Il aime sortir des sentiers battus. C’est sa curiosité gustative qui a forgé mes papilles depuis que je suis enfant.
Et puis il y a ma Grand-mère, pour qui la cuisine n’est pas vraiment une passion me semble-t-il, mais un moyen pour combler son entourage et lui témoigner son amour. Elle est plus traditionnelle, mais très bonne cuisinière. Elle a ses grands classiques, améliorés au fil des années, et qu’elle réussit à perfection à présent. En général, je ne m’aventure pas à cuisiner ses plats. J’ai bien tenté parfois de lui demander une recette, qu’elle me transmet de bon cœur, mais il manque toujours un petit quelque chose lorsque je la réalise à mon tour, un peu d’expérience et puis un peu de son grain de sel, tout simplement. Ce n’est pas elle qui tient les casseroles, voilà tout. Alors lorsque je vais déjeuner chez elle, j’ai le droit de passer ma commande, et, immanquablement, je choisis un de ces plats qui me régalent. Il y a les pommes de terre rôties bien sûres, croustillantes à l’extérieures et fondantes à cœur, qu’elle accompagne de langue de bœuf. Les roulades (de fines tranches de rumsteck, garnies d’une farce au lard) avec de la polenta, les rognons et de la purée de pommes de terre. Et puis une délicieuse quiche aux moules et une tarte aux pommes indétrônable. C’est réconfortant de savoir finalement ce qu’on va avoir dans son assiette parfois. De savoir qu’on n’aura pas de surprise, aucun risque d’être déçu.
Je me souviens d’un autre plat que je ne réclame pas souvent, pour la simple raison que la seule chose qu’il m’est possible de faire après l’avoir ingurgité, c’est la sieste. Un de ces plats chaleureux et nourrissant… Une soupe de pois cassés au lard, avec de la saucisse de Morteau et des voûtes aux pommes de terre.

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Lorsque j’ai découvert les deux ingrédients désignés par Marie-Laure pour la nouvelle édition de son jeu, A vos casseroles#20, j’ai immédiatement pensé à ce plat de ma Grand-mère. J’ai eu envie d’associer aux pois cassés la saucisse de Morteau, au délicat goût fumé, pour une version revisitée de sa soupe énergétique :
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Blinis de pois cassés à la coriandre et saucisse de Morteau

Pour 2 personnes :

- 100g de pois cassés

- 1 œuf

- 75g de farine

- 2 cuillères à soupe de crème fraîche

- 2 cuillères à soupe d’huile d’olive

- 1 bouquet garni

- 1 bouquet de coriandre fraîche

- coriandre moulue

- sel, poivre

- une saucisse de Morteau

- coriandre fraîche

- poivre du moulin

Rincer les pois cassés et les cuire avec le bouquet garni dans une casserole d’eau bouillante, selon les indications du paquet. Egoutter. Mixer les pois cassés avec la crème fraîche. Ajouter l’œuf battu, la farine et une cuillère à soupe d’huile. Bien mélanger. Assaisonner généreusement de coriandre moulue, ajouter la coriandre ciselée, saler et poivrer.

Faire chauffer de l’eau dans une seconde casserole. Une fois que l’eau frémit, y plonger la saucisse de Morteau et la cuire pendant 40min.

Pendant ce temps, confectionner les blinis : faire chauffer une poêle avec le seconde cuillère à soupe d’huile. Y déposer une bonne cuillérée de la préparation aux pois cassés, étaler et faire dorer sur chaque face. Réserver au chaud et renouveler l’opération jusqu’à épuisement de la pâte.

Une fois la saucisse cuite, l’égoutter et la couper en rondelles.

Dans une assiette, alterner blinis et rondelles de Morteau. Parsemer de reste de coriandre fraîche ciselée, assaisonner d’un tour de moulin de poivre et servir bien chaud.

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Ce que j'en dis: habituellement je fais ces blinis avec des purées de légumes frais, ce qui les rend assez légers. Cette version aux légumes secs est bien plus rustique et consistante, avec une texture à mi-chemin entre purée et blinis. On peut peut-être obtenir un effet moins compact en diminuant la proportion de pois cassés. N'hésitez pas à ajouter généreusement de la coriandre, afin que le parfum soit bien présent. Quant à  la saucisse de morteau, elle ajoute ce petit goût fumé irremplaçable...

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Pour d'autres idées avec les pois cassés et la coriandre,

allez découvrir toutes les participations sur Ô délices

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Edit du 12/02/09: certains ont trouvé ce thème trop restricitif, c'est pourquoi Marie-laure a décidé de le changer. Vous trouverez donc ici non plus des recettes à base de pois cassés et coriandre, mais des recettes toutes vertes!