samedi 31 janvier 2009
1h30 : juste le temps de grignoter quelques sablés (KKVKVK#29)
L’autre jour, j’ai pris le train. Le TGV Est, pour la première fois. Nous avons voyagé une heure et demie, pour un trajet qui dure habituellement presque quatre heures. En gain de temps, certes, c’est efficace et appréciable. Mais cela ôte à mes yeux le charme du train, qui est synonyme pour moi justement de lenteur. Mais pas lenteur dans le sens péjoratif, non, lenteur, comme prendre du temps.
A l’époque, je faisais mes études supérieures à quelques centaines de kilomètres de chez moi, et, chaque semaine, je rentrais en train. J’aimais ces moments suspendus, dans l’attente. J’avais du temps pour lire, somnoler, écouter de la musique, les conversations des autres passagers, rêvasser devant le paysage défilant… Le train a cette ambiance si particulière, à la fois calme et feutrée, bercée par les roulements mécaniques et les secousses sur les voies. Chacun chuchote, de peur de déranger la quiétude du voisin. Parfois une conversation s’élève plus haut que les autres, et les protagonistes la partagent avec tout le wagon. Un baladeur diffuse une musique familière. Ses sons lointains nous parviennent aux oreilles, en sourdine. Le nez contre la vitre, on regarde passer les villages, qui nous amènent un à un à notre destination. On feuillète distraitement un magazine, et on finit par s’assoupir avant d’arriver.
J’avais vu passer plusieurs fois le tout nouveau TGV, avec son nez pointu et arrogant, au milieu de la campagne, à une vitesse impressionnante. Une fois à l’intérieur, pas grand chose ne change, si ce n’est que les maisons défilent juste un peu plus vite et qu’on a moins le temps de détailler les prés. L’ambiance elle, reste la même. La seule différence, c’est qu’on arrive plus rapidement, et qu’en perdant toute cette longueur, on en perd aussi le charme de ce mode de transport. Pour mon dernier trajet (mes trajets se résument à présent à des voyages de loisir et sont de ce fait plus sporadiques), et paradoxalement premier à grande vitesse, j’avais prévu quelques biscuits à grignoter. J’avais encore en mémoire la lassitude qui pouvait nous gagner durant ces trajets parfois ennuyeux (et j’aime ce genre d’ennui) et je m’étais dit qu’en mangeant un peu, le temps passerait plus vite. Et puis finalement, à peine avais-je croqué quelques biscuits, que nous étions déjà arrivés à destination.
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Sablés Diamants au citron vert et wasabi
Pour une douzaine de sablés:
- 110g de farine
- 83g de beurre coupé en morceaux
- 43g de sucre glace
- 1 cuillère à café de wasabi
- le zeste d’un citron vert
- sucre cristal
- noix de coco râpée
- pistaches hachées
Mélanger la farine, le sucre glace, le wasabi et le zeste de citron vert. Ajouter le beurre et sabler du bout des doigts. Rassembler la pâte en boule et la rouler sur un plan de travail en forme de boudin. L’emballer dans du film plastique et le placer une demi-heure au congélateur.
Préchauffer le four à 210°C. Enduire le boudin d’eau et le rouler dans un mélange de sucre cristal, noix de coco râpée et pistaches hachées. Découper des tranches d’un centimètre d’épaisseur et les disposer en quinconce sur une plaque recouverte de papier cuisson. Enfourner une dizaine de minutes environ, retirer les sablés dès qu’ils commencent à colorer. Laisser refroidir.
Ces sablés participent au KKVKVK#29
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Vous trouverez toutes les explications de la dernière édition de ce jeu mythique chez Puce Bleue.
Ce que j’en dis : pour tout dire, les biscuits que l’on a emportés pour le trajet en train n’étaient pas ceux là. Il s’agissait d’un premier essai, aux biscuits roses de Reims, eau de rose et farine de châtaignes. Ils n’étaient pas à la hauteur de mon attente, texture trop molle, pas assez sablée, parfum peu présent. Alors j’ai changé complètement d’idée et j’ai bien fait. Cette version me convient parfaitement, tant par leur croquant (j'ai trouvé la recette de base sur le site tournemain) que par leur parfum. Je voulais essayer depuis un moment le wasabi en version sucrée. Il se marie très bien au citron vert, son goût est présent mais sans être trop piquant. On peut se contenter de rouler les biscuits uniquement dans du sucre cristal, ce qui donnera un aspect plus blanc (la noix de coco se colore plus vite au four et dore les bords) Mais la noix de coco et la pistache apportent tout de même à mon sens un petit plus, à la fois esthétique et gustatif, sans prendre le dessus sur les parfums du sablé. C’est donc vous qui voyez…
mardi 27 janvier 2009
Quelques grammes de douceur, pour oublier que le monde devient fou
Chaque matin, je me dis que décidément, me réveiller avec les informations, ce n’est pas une bonne idée. Et chaque matin pourtant, j’absorbe cette déferlante de fait-divers qui inonde les ondes, en même temps que j’ouvre les yeux et que je quitte mes rêves. Je pourrais pourtant acheter ces radios réveils qui diffusent progressivement de la lumière, simulant le lever du jour, accompagnée de chants d’oiseaux ou de ruissellement. Ou encore programmer ma chanson favorite, une chanson pleine de pep’s qui me donnerait le courage de me lever et qui me mettrait de bonne humeur pour le reste de la journée. Mais au lieu de cela, je prends connaissance des dernières nouvelles. Et je me rends compte que le monde devient bien inquiétant.
Des élèves agressent leurs professeurs, des chauffeurs de transport en commun se font luncher durant leurs services, un client tue son conseiller financier et un détraqué des enfants dans une crèche. Des situations tout simplement impensables. Comment peut-on en arriver là ? Le constat est triste, il n’y a plus de respect, plus de limites. Bien au-delà des guerres qui affrontent les peuples depuis des siècles, bien au-delà de la misère dans les pays sous-développés, notre quotidien même devient angoissant, puisque nous ne sommes plus en sécurité nulle part.
Malgré cette violence environnante, il faut garder espoir pour les années prochaines, penser que le pire est peut être arrivé, que les lendemains seront meilleurs… Encore et toujours profiter de l’instant, maintenant, des petites choses qui égayent notre ordinaire, comme cette douceur sucrée, parfumée et onctueuse, qui me fait oublier le temps d’un moment ce climat alarmant.
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Perles du japon au chocolat blanc et cardamome
Pour 8 verrines:
- 1L de lait
- 100g de perles du japon
- 100g de chocolat blanc
- 40g de sucre
- 12 capsules de cardamome
Ouvrir les capsules de cardamome et réduire les graines en poudre à l’aide d’un pilon. Faire chauffer le lait dans une casserole avec la cardamome. A l’ébullition, verser les perles du japon en pluie et laisser cuire à feu doux, 15 à 20min (les perles doivent être transparentes et molles), en remuant souvent. Arrêter la cuisson, ajouter le sucre et le chocolat blanc et remuer jusqu’à dissolution complète. Verser dans des verrines et placer au frais plusieurs heures.
Ce que j’en dis : j’avais gardé un bon souvenir des perles du japon en dessert, lors de ce premier essai (réussi), aux saveurs acidulée et tonique. Cette deuxième version est plus douce et gourmande. Je vous en avais déjà parlé, elle avait été réalisée pour le buffet d’une occasion spéciale. Comme le riz ou la semoule au lait, je trouve ce dessert des plus réconfortants. Il me fait penser à l’enfance, bien que je n’en mangeais pas à cette époque. C’est tout doux, tout rond, craquant sous la dent, tout en étant moelleux. Un peu épais, nous enrobant de douceur. Onctueux et sucré, grâce au chocolat blanc, il devient entêtant avec la saveur suave de la cardamome. De quoi nous faire oublier toutes les misères du monde!
samedi 17 janvier 2009
Garder des yeux d’enfants - et dévorer une soupe qui ne fait pas grandir
Un jour, Lauriana s’est mise à colorier et m’a donné envie. Du coup, j’ai sorti moi aussi mes crayons de couleurs. J’en ai des trousses pleines, de toutes les couleurs, des nuances de chaque couleur même. J’ai d’abord imprimé de jolis dessins engagés, comme celui que Lauriana a scotché au mur. Puis j’ai colorié des cartes ornées de mantra, et j’ai confectionné des dessins pour un cadeau de Noël un peu spécial. J’ai retrouvé tous mes gestes, mes habitudes d’antan, en sortant les crayons. J’ai cherché mes couleurs favorites, un coloris moutarde, un autre kaki. Des couleurs un peu spéciales. J’ai taillé minutieusement chacun des crayons choisi pour mon dessin, pour que la mine soit bien pointue, sans qu’elle ne se casse. Puis j’ai pu enfin remplir les formes, j’ai donné vie à mon image. Je me suis appliquée, j’ai pris soin de ne pas dépasser les contours. J’ai soufflé pour enlever les petites poussières colorées qui font des tâches. Je ne suis pas prête de ranger ma trousse pour l'instant. Ces petits moments particuliers où je suis concentrée me détendent.
Depuis, j’ai pris plaisir à me remémorer tous mes jeux d’enfants oubliés. Je me souviens de la pâte à modeler, de son odeur si particulière. De la sensation qu’elle procurait lorsqu’on la pétrissait. Je formais des aliments, que je servais dans de la petite vaisselle en plastique aux couleurs kitch. J’avais aussi une grande boîte en bois, avec à l’intérieur plein de compartiments, remplis de pièces de Légo®. Elles étaient classées par taille et par coloris. Je ne me rappelle plus de ce que je créais, mais je jouais des heures, le nez dans cette boîte. J’avais également hérité d’une belle poupée de ma maman, qui m’a suivi toute mon enfance. Je ne sais pas quel était son prénom, mais elle avait des cheveux bruns, et la taille d’un enfant d’un ou deux ans, peut-être. Cette poupée avait été très gâtée par mes grands-parents : petits habits tricotés par ma mémé, draps brodés par mamie et lit en bois confectionné par papi. Oui je me souviens de tout cela, et aujourd’hui, j’ai envie de retrouver ces plaisirs d’enfants. Des plaisirs élémentaires, mais apaisants. Nous autres adultes, sommes parfois bien trop sérieux et rationalistes. Nous ne savons plus nous émerveiller, nous sommes blasés. Il suffit pourtant de retrouver un peu de candeur et de malice, d’oser jouer comme avant, pour voir qu’on arrive à retrouver ce regard d’enfant émerveillé. La vie devient alors plus légère… C’est ainsi que je me suis réjoui à déguster cette soupe toute gourmande, qui ne fait pas grandir, mais qui a émoustillé nos papilles et celles de l’enfant qui sommeille en nous.
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Pour 2 à 4 personnes:
- 4 navets moyens (deux blancs et deux boules d’or pour moi)
- 1 oignon
- 1 cube de bouillon de volaille
- 80g de noisettes décortiquées
- 1 cuillère à soupe d’huile
Eplucher les navets et les couper en morceaux. Peler et émincer l’oignon. Faire chauffer l’huile dans une sauteuse, puis y faire revenir les navets et l’oignon. Réserver quelques noisettes pour la décoration et réduire le reste en poudre. Ajouter la poudre de noisette dans la sauteuse et faire revenir encore quelques minutes, pour la griller légèrement. Couvrir d’eau à hauteur, ajouter le cube émietté et porter à ébullition. Baisser le feu et laisser cuire une quinzaine de minutes. Les légumes doivent être bien tendres. Mixer en ajoutant au besoin un peu de bouillon de cuisson pour obtenir une consistance de velouté. Servir bien chaud, parsemé de noisettes concassées.
Source : Soûpes ! de Marie-Laure Tombini
Ce que j’en dis : lorsque j’ai reçu ce livre (gagné suite à ce jeu), je me suis dit « tiens, un livre de soupes en plus », pensant ne rien y trouver de plus que dans ceux que j’avais déjà. Alors je l'ai rangé avec tous mes autres livres. Et puis, il se trouve que, lorsque je ne sais pas trop quoi préparer à dîner, je regarde les légumes restants dans mon panier et je les accommode en soupe. C’est si rapide à réaliser et suffisamment rassasiant pour le soir, avec quelques tartines. J’avais donc des navets en stock, et je suis tombée sur cette recette de Marie-Laure en feuilletant mes livres de cuisine. Quelle belle surprise ce fut. J’ai découvert une soupe gourmande et savoureuse. La noisette rehausse à merveille le goût du navet. Marie-Laure préconise d’ajouter la poudre de noisette seulement à la fin, une fois les légumes cuits. Moi je vous conseille de la faire griller dès le début de la cuisson, cela ajoute à mon sens un petit plus à la soupe. Je l’ai accompagné de tartines au chèvre et au miel (Tartinez quelques tranches de pain de chèvre frais, versez un filet de miel puis saupoudrez d’herbes de Provence. Un tour de moulin de poivre noir et quelques minutes sous le grill du four, dégustez !) Un régal.
mardi 13 janvier 2009
Un délice immaculé pour une forêt enneigée
J’aime la nature, la beauté de tous les paysages, mais l’endroit où je me sens le plus en harmonie avec elle, c’est dans la forêt. Peut être parce que j’y mets les pieds depuis toujours. Petite, mes parents me promenaient sur ses chemins sinueux. Des balades en luge dans la neige aux escapades à vélo dès les beaux jours, c’était dans la forêt que cela se passait. Les moments de partage les plus riches, d’instants volés au quotidien, le temps passé avec les gens que j’aime, ont toujours eu lieu au milieu des arbres. Au cœur de la vie.
Aujourd’hui encore, j’habite à la lisière du bois. Est-ce un hasard ou une évidence ? Toujours est-il que dès que j’ai du temps libre, je m’y rends. J’y puisse ma force, j’y laisse mes soucis. J’en ressors apaisée, pleine de vitalité. La forêt est source de réjouissance à chaque saison. Au printemps les bourgeons laissent apparaître les jeunes pousses vert tendre, qui accrochent la lumière. Les coucous et les anémones recouvrent le sol d’un tapis fleuri. Il est alors bon de s’asseoir sur le tronc d’un arbre mort, et d’écouter les oiseaux sortir de leur torpeur hivernale. Il est temps de cueillir les jeunes orties et les feuilles d’ail aux ours. Puis vient l’été. On cherche alors la fraîcheur des bois, abrités du soleil par l’épais feuillage des arbres. On est escorté par les papillons et les insectes tout au long des balades. Les bordures des chemins sont parées de jolies fleurs colorées. On brave les épines pour ramasser quelques mûres dans les buissons. A l’automne, on défit la pluie, parés de nos bottes en caoutchouc, le chapeau enfoncé sur la tête. On profite d’un coup de bourrasque pour amasser un panier de noix. Les connaisseurs cherchent des champignons dans les sous-bois humides. Les autres se contentent de les regarder. Et puis vient l’hiver. Cette fois c’est la douceur que l’on recherche. Alors que le froid nous glace, bien emmitouflés, nous sommes protégés du vent. Dénués de leurs feuilles, les arbres nous offrent une vue dégagée. On peut alors apercevoir des chevreuils ou même des sangliers, si nous réussissons à nous faire discrets. Le calme règne. Tout y est silencieux.
Autant la forêt m’effraie parfois - seule, je m’y sens vulnérable - autant je m’y sens chez moi, dans mon milieu… Etrange sentiment ambivalent.
En tout cas, ces derniers temps, j’ai pas mal profité du temps sec et ensoleillé, j’ai observé des rouges-gorges et des mésanges, je me suis promenée dans la neige, qui a tenu seulement dans les bois. C’est en foulant l’autre jour ce beau sol immaculé, inondé par les rayons du soleil, que j’ai pensé à ce dessert épuré :
Doux comme la neige, frais comme l’hiver, piquant comme le froid
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Cheesecake au double citron, selon Lilibox
qui s'est inspirée de Natalia, qui s'est inspirée de Loukoum°°° ...
Je vous retranscris les proportions originales puis les miennes entre parenthèses
Pour la recette originale, c'est sur la food box (et aussi dans les casseroles qui chantent!)
Pour un moule à charnières de 20cm (moule de 18cm):
Base :
- 200g de spéculoos (150g)
- 4 cuillères à soupe de beurre mou (50g)
Appareil :
- 500g de ricotta
- 250g de mascarpone ( 560g d’un mélange Philadelphia® +Tresana® )
- le zeste finement ciselé d’un citron non traité (pareil)
- le jus de 2 citrons (jus de citron… à l’œil et au goût !)
- 120g de sucre (90g)
- 4 œufs (3)
- 1 pincée de sel (pas mise)
Crème :
- 1 œuf
- 70g de sucre
- 65g de beurre
- le jus et le zeste d’un citron non traité
Réduire les spéculoos en miettes au mixer. Mêler intimement le beurre mou à la poudre de spéculoos pour en faire une pâte. Recouvrir le moule (fond et bords) de papier sulfurisé. Appliquer avec une cuillère la pâte sur le fond en remontant sur les bords le plus régulièrement possible (hum, hum) Réfrigérer.
Détendre les fromages au fouet avec le sucre puis y verser le jus de citron et les zestes. Incorporer un à un les œufs. Bien mélanger. Sortir le moule du réfrigérateur et verser l’appareil dedans. Placer dans un four préchauffé à 165°C pendant une heure environ. Le centre du gâteau doit être tremblotant et les bords juste pris. Eteindre le four et y laisser refroidir le gâteau, la porte entre-ouverte. Réfrigérer 48h.
Préparer la crème au citron : faire fondre le beurre à feu doux avec le jus et les zestes de citron. Fouetter l’œuf avec le sucre. Quand l’ébullition est atteinte dans la casserole, verser le mélange sur l’œuf battu et remuant vivement. Reporter sur feu doux et remuer sans cesse, jusqu’à ce que la crème prenne. Laisser tiédir. Sortir le cheesecake du réfrigérateur et la napper avec la crème en lissant à la spatule. Décorer avec des perles argentées et remettre au froid jusqu’au moment du service.
Ce que j’en dis : Dès que je l’ai vue, j'ai su que je ne serais pas déçue par cette recette. Le sucré des biscuits contre-balance très bien l’acidité du citron. La texture apportée par la Tresana® et le Philadelphia® se rapproche le plus - à mon goût - de ce que je recherche. (dense et onctueux à la fois) Ces deux fromages sont semblables. J’ai utilisé les deux ensemble parce que je n’en avais pas assez d’un seul mais j’imagine qu’en en choisissant un, le résultat sera assez proche. Ne faites pas l’impasse sur la couche de crème au citron, qui apporte la touche acidulée juste nécessaire pour parfaire l’équilibre de ce gâteau. Au final : une strate croustillante et sucrée, subtilement épicée - une couche épaisse et moelleuse, aux saveurs douces et un nappage piquant qui réveille les papilles.
jeudi 8 janvier 2009
Dans la peau d’un chat, qui n’aime que le thon (et ses croquettes)
J’ai toujours aimé les chats. Les chiens me font peur, les oiseaux sont bruyants, les poissons trop discrets, les hamsters dorment tout le temps. Mais les chats me fascinent.
Je passe du temps à observer le mien. Chacun de ses gestes est empreint d’une certaine lenteur, d’une nonchalance désarmante. Il s’installe toujours avec grâce. Pose ses pattes bien parallèles et enroule sa longue queue tigrée autour. Armé de sa patience, il attend ainsi devant sa gamelle, à espérer son dû. Où devant une porte, jusqu’à ce que nous daignions en sortir. Il pousse alors un petit miaulement d'empressement, et vient se frotter à nos jambes, pensant nous amadouer. Il a l’oreille acérée, réagit au moindre bruissement de son paquet de croquettes ou à l’entrechoquement de ses gamelles contre le carrelage. Alors il se précipite d’un petit pas pressé, en poussant un drôle de cri, semblable au gloussement d’une poule. Une fois repu, il fait avec application un brin de toilette, et s’installe au chaud pour de longues heures de sommeil. Dans des endroits plus qu’improbables, toujours à l’abri des regards, et de préférence bien au chaud, il s’enroule et s’endort, telle une petite boule de poils qui se soulève au rythme des battements de son cœur. Il fait sa petite vie, dictée par son indépendance. Son dédain m’agace parfois. S’il n’est pas décidé, il ne réponde pas à nos appels. Il tourne alors la tête et poursuit ses rêveries sans se soucier de nous. Lorsqu’il se décide à jouer, il devient vif et habile. Il prend position derrière un meuble ou pot de fleurs, prend appui sur ses pattes arrières et guette nos mouvements. La balle à peine lancée, il bondit comme un guépard, se déhanche tel un tigre, fier de l’avoir arrêtée en plein vol. Il aime jouer à cache-cache ou nous courser dans l’appartement. Oh ! bien sûr il fait des bêtises. Il gratte au porte, arrache la tapisserie, griffe le canapé. Quand on le gronde, il se tapit dans un coin et baisse les oreilles. Attends que la foudre passe, puis ose se ré-aventurer dans nos parages. Il sait y faire. Avec son petit regard attendrissant, il nous fait succomber. Il n’est pas très câlin, ne vient pas se coucher sur nos genoux. Mais il nous fait toujours la fête lorsque l’on rentre du travail, en se roulant parterre, le ventre en l’air, près à recevoir quelques grattouilles. La nuit, il attend que les lumières soient éteintes. On entend alors le bruit de ses pas sur le parquet. Il saute sur le lit, et s’installe sur sa couverture, à nos pieds.
J’entends déjà certains qui vont rire de mon histoire, qui vont dire qu’il demeure avant tout un animal. Je les invite alors à lire un livre que je viens de dévorer : L’enfant chat, de Béatrix Beck. Il débute ainsi : « La mère Herbe m’a apporté un chat blotti dans son tablier, vrai patchwork qu’elle tenait relevé à deux mains. Elle a dit : « S’appelle Soizic » en clignant de son œil unique… » Ce joli livre, qui ressemble à un conte, met en scène une chatte qui parle… Rien de si surprenant dans le fond, parce que lorsque mon chat me regarde droit dans les yeux, avec tant d’expression, je ne serais nullement étonnée d’entendre des mots sortir de sa bouche.
En attendant qu’il se mette à parler, je nous ai préparé des tartelettes au thon. Sans oublier de lui en mettre quelques miettes de côté, puisque c’est la seule chose qu’il mange, en dehors de ses croquettes.
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Tartelette exotique
Pour 6 tartelettes :
Pâte feuilletée :
- 2 petits suisses (120g)
- 120g de farine fluide
- 90g de beurre froid
-1 pincée de sel
Garniture :
- 2 boîtes de thon au naturel (dont quelques miettes pour le chat !)
- 1 brique de crème de coco (200ml)
- 1 œuf
- 20g de raisins secs
- 1 cuillère à café bombée de maïzena
- 1 cuillère à café bombée de curry
- noix de coco râpée
- chapelure
- sel, poivre
Préparer la pâte feuilletée : dans un saladier, mélanger la farine et le sel. Couper le beurre en dés et l’ajouter à la pâte, en sablant du bout des doigts. Incorporer les petits suisses et malaxer pour obtenir une boule de pâte homogène. Etaler la pâte dans la longueur, en en rectangle qui fait trois fois la largeur du carré. Plier la pâte en trois. La tourner d’un quart de tour, étaler et plier à nouveau. Renouveler l’opération au moins une fois. Placer la pâte au frais une demi-heure, emballée dans du film alimentaire.
Pendant ce temps, préchauffer le four à 180°C, puis préparer la garniture : Battre l’œuf dans un bol, avec la crème de coco et le curry. Saler et poivrer légèrement. Emietter le thon dans un autre récipient et ajouter les raisins secs. Réserver.
Sortir la pâte du réfrigérateur, l’étaler en six disques et garnir les moules à tartelettes. Piquer la pâte et répartir dans le fond le thon. Verser sur le dessus la préparation à la crème de coco, parsemer de noix de coco et de chapelure. Enfourner 30min. Servir chaud, tiède ou même froid, avec un trait de vinaigre balsamique et une pincée de fleur de sel.
Imprimer la recette
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Ce que j’en dis : à ceux qui n’ont jamais tenté la pâte feuilletée maison, je ne saurais que conseiller cette recette ultra-simple et magique, vue sur pas mal de blogs. Le feuilleté est vraiment croustillant et sa réalisation est étonnement facile. Le thon s’accommode très bien aux saveurs exotiques et la crème de coco confère à ces petites tartelettes une texture toute moelleuse. Elles seront parfaites accompagnées d’une salade de roquette, par exemple.
dimanche 4 janvier 2009
Retour à des choses simples – une cocotte qui réchauffe
J’en parlais il y a deux semaines, aujourd’hui les fêtes sont belles et bien derrière nous. Une nouvelle année se profile, pleine d’incertitudes et de craintes. Les temps sont aux questionnements ces temps-ci, face à une situation économique inquiétante. Pour le moment à l’abri, on poursuit notre bonhomme de chemin sans trop y songer, mais en mesurant - au fond - notre chance.
Je ne sais pas si c’est ce climat qui en est la cause, mais cette année, Noël fut plus sobre pour chacun. Nous avons bien sûr dégustés les mets traditionnels, mais sans excès. On a aussi mangé des plats plus simples, moins sophistiqués, et ça j’ai vraiment apprécié, même mieux à vrai dire. Je redoute toujours ces trois jours qui frôlent l’orgie habituellement, desquels je ressors repus, à la limite de l’écœurement. Pour une fois, cela n’a pas été le cas. Et c’est tant mieux, parce qu’il aurait été inconvenant d’être dégoûté par une profusion de nourriture, alors que cette même nourriture fait défaut à bien d’autres gens.
J’ai donc achevé cette année avec cette réalité plus présente en tête. Je me suis dit qu’il fallait profiter. Profiter des autres, de mon chéri, de ma famille. Profiter de rentrer au chaud, après une balade dans le froid saisissant. Ne pas oublier que j’ai un toit, alors que des sans abris n’ont pour seule maison que des cartons, en guise d’abri de fortune. Et que les températures qui sont négatives au dehors pour moi, le sont pour eux, dans leur «intérieur», toute la journée et toute la nuit.
J’ai toujours été convaincue que l’on a la vie que l’on se fait. Mais malheureusement, je me rends compte qu’il y a aussi dans l’histoire de certains une part de destin, d’improbabilités ; qui font que, parfois, ils n’ont juste pas de chance, et que le mauvais sort s’acharne sur eux. Alors oui, je pense à tout cela, j’arrête de me plaindre pour un oui ou un non, je cesse d’être insatisfaite de tout. Je prends plaisir dans de simples choses, je me régale de plats qui rappellent l’enfance, qui réchauffent nos corps et nos cœurs, qui sont sans fioritures… Ce sont ceux là les meilleurs pour moi en ces temps-ci…
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Que vous puisiez aborder cette nouvelle année dans le même état d’esprit, en sachant savourer chaque instant, en découvrant dans chaque bonheur simple de la satisfaction. Que vous trouviez, au fil des trois cent soixante et un prochains jours, prospérité, santé et sérénité.
Pour 4 minis cocottes (2 à 4 personnes):
- 4 oeufs
- 4 pommes de terre moyennes
- 6 à 8 galets d’épinards en branches surgelés
- 1 gousse d’ail
- ¼ L de lait
- 2 cuillères à soupe rases de maïzena
- 2 cuillères à soupe de margarine
- sel, poivre
- muscade moulue
Laver et éplucher les pommes de terre. Les couper à l’aide d’une mandoline en fines rondelles. Les pré-cuire une dizaine de minutes dans une casserole d’eau bouillante. Les égoutter puis les refroidir sous l’eau. Réserver.
Pendant ce temps, peler et dégermer la gousse d’ail. L’émincer finement. Faire fondre une cuillère de margarine dans une poêle bien chaude. Y faire revenir l’ail puis ajouter les galets d’épinards. Saler et poivrer. Laisser cuire à feu doux et à couvert, jusqu’à ce que les épinards se détachent.
Préparer une béchamel : faire fondre la seconde cuillère de margarine dans une casserole. Ajouter la maïzena et bien mélanger. Délayer avec le lait, en l’ajoutant petit à petit, hors du feu. Saler et poivrer généreusement. Ajouter de la muscade moulue. Remettre sur le feu et tourner constamment, jusqu’à épaississement.
Préchauffer le four à 180°C. Disposer une couche de lamelles de pommes de terre dans le fond des cocottes beurrées puis saler légèrement. Recouvrir d’une cuillérée d’épinards et napper de béchamel. Renouveler l’opération en terminant par une couche de pommes de terre. Fermer les cocottes et les placer dans un bain-marie. Enfourner pour 35 à 40min. Oter les couvercles, casser un œuf dans chaque cocotte et replacer ouvertes dans le four. Les retirer dès que le blanc est cuit. Servir aussitôt.
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Ce que j’en dis : Habituellement, les œufs sont peu présents dans mon alimentation. Ils constituent pourtant une bonne alternative à la viande ou au poisson, moins onéreuse et tout autant nutritive. Mes deux dernières recettes m’incitent à renouveler plus souvent l’expérience. Cette cocotte me rappelle bien des souvenirs… Est-ce que, comme moi, votre maman vous préparez des œufs sur le plat avec des épinards et des pommes de terre ?..









