J’ai toujours aimé les chats. Les chiens me font peur, les oiseaux sont bruyants, les poissons trop discrets, les hamsters dorment tout le temps. Mais les chats me fascinent.

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Je passe du temps à observer le mien. Chacun de ses gestes est empreint d’une certaine lenteur, d’une nonchalance désarmante. Il s’installe toujours avec grâce. Pose ses pattes bien parallèles et enroule sa longue queue tigrée autour. Armé de sa patience, il attend ainsi devant sa gamelle, à espérer son dû. Où devant une porte, jusqu’à ce que nous daignions en sortir. Il pousse alors un petit miaulement d'empressement, et vient se frotter à nos jambes, pensant nous amadouer. Il a l’oreille acérée, réagit au moindre bruissement de son paquet de croquettes ou à l’entrechoquement de ses gamelles contre le carrelage. Alors il se précipite d’un petit pas pressé, en poussant un drôle de cri, semblable au gloussement d’une poule. Une fois repu, il fait avec application un brin de toilette, et s’installe au chaud pour de longues heures de sommeil. Dans des endroits plus qu’improbables, toujours à l’abri des regards, et de préférence bien au chaud, il s’enroule et s’endort, telle une petite boule de poils qui se soulève au rythme des battements de son cœur. Il fait sa petite vie, dictée par son indépendance. Son dédain m’agace parfois. S’il n’est pas décidé, il ne réponde pas à nos appels. Il tourne alors la tête et poursuit ses rêveries sans se soucier de nous. Lorsqu’il se décide à jouer, il devient vif et habile. Il prend position derrière un meuble ou pot de fleurs, prend appui sur ses pattes arrières et guette nos mouvements. La balle à peine lancée, il bondit comme un guépard, se déhanche tel un tigre, fier de l’avoir arrêtée en plein vol. Il aime jouer à cache-cache ou nous courser dans l’appartement. Oh ! bien sûr il fait des bêtises. Il gratte au porte, arrache la tapisserie, griffe le canapé. Quand on le gronde, il se tapit dans un coin et baisse les oreilles. Attends que la foudre passe, puis ose se ré-aventurer dans nos parages. Il sait y faire. Avec son petit regard attendrissant, il nous fait succomber. Il n’est pas très câlin, ne vient pas se coucher sur nos genoux. Mais il nous fait toujours la fête lorsque l’on rentre du travail, en se roulant parterre, le ventre en l’air, près à recevoir quelques grattouilles. La nuit, il attend que les lumières soient éteintes. On entend alors le bruit de ses pas sur le parquet. Il saute sur le lit, et s’installe sur sa couverture, à nos pieds.
J’entends déjà certains qui vont rire de mon histoire, qui vont dire qu’il demeure avant tout un animal. Je les invite alors à lire un livre que je viens de dévorer : L’enfant chat, de Béatrix Beck. Il débute ainsi : « La mère Herbe m’a apporté un chat blotti dans son tablier, vrai patchwork qu’elle tenait relevé à deux mains. Elle a dit : «  S’appelle Soizic » en clignant de son œil unique… » Ce joli livre, qui ressemble à un conte, met en scène une chatte qui parle… Rien de si surprenant dans le fond, parce que lorsque mon chat me regarde droit dans les yeux, avec tant d’expression, je ne serais nullement étonnée d’entendre des mots sortir de sa bouche.

En attendant qu’il se mette à parler, je nous ai préparé des tartelettes au thon. Sans oublier de lui en mettre quelques miettes de côté, puisque c’est la seule chose qu’il mange, en dehors de ses croquettes.

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TARTELETTE_THON

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Tartelette exotique
Pour 6 tartelettes :

Pâte feuilletée :
- 2 petits suisses (120g)

- 120g de farine fluide
- 90g de beurre froid
-1 pincée de sel

Garniture :
- 2 boîtes de thon au naturel (dont quelques miettes pour le chat !)
- 1 brique de crème de coco (200ml)
- 1 œuf

- 20g de raisins secs

- 1 cuillère à café bombée de maïzena
- 1 cuillère à café bombée de curry
- noix de coco râpée
- chapelure
- sel, poivre

Préparer la pâte feuilletée : dans un saladier, mélanger la farine et le sel. Couper le beurre en dés et l’ajouter à la pâte, en sablant du bout des doigts. Incorporer les petits suisses et malaxer pour obtenir une boule de pâte homogène. Etaler la pâte dans la longueur, en en rectangle qui fait trois fois la largeur du carré. Plier la pâte en trois. La tourner d’un quart de tour, étaler et plier à nouveau. Renouveler l’opération au moins une fois. Placer la pâte au frais une demi-heure, emballée dans du film alimentaire.
Pendant ce temps, préchauffer le four à 180°C, puis préparer la garniture : Battre l’œuf dans un bol, avec la crème de coco et le curry. Saler et poivrer légèrement. Emietter le thon dans un autre récipient et ajouter les raisins secs. Réserver.
Sortir la pâte du réfrigérateur, l’étaler en six disques et garnir les moules à tartelettes. Piquer la pâte et répartir dans le fond le thon. Verser sur le dessus la préparation à la crème de coco, parsemer de noix de coco et de chapelure. Enfourner 30min. Servir chaud, tiède ou même froid, avec un trait de vinaigre balsamique et une pincée de fleur de sel.

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Ce que j’en dis : à ceux qui n’ont jamais tenté la pâte feuilletée maison, je ne saurais que conseiller cette recette ultra-simple et magique, vue sur pas mal de blogs. Le feuilleté est vraiment croustillant et sa réalisation est étonnement facile. Le thon s’accommode très bien aux saveurs exotiques et la crème de coco confère à ces petites tartelettes une texture toute moelleuse. Elles seront parfaites accompagnées d’une salade de roquette, par exemple.