N’y a-t-il pas plus grand plaisir dans la cuisine que de préparer des ingrédients que l’on a soit même récoltés ? Je ne sais pas vous, mais moi j’en tire une énorme satisfaction et du coup, j’apporte plus de soin au choix et à l’élaboration de la recette. Depuis longtemps déjà, je cherchais du vin de noix. J’en ai goûté et utilisé en cuisine, il y a plusieurs années de cela, profitant d’une bouteille qui m’avait été offerte. J’avais même acheté pour l’occasion un livre regorgeant de très bonnes idées autour de la noix. Mais depuis, pas moyen d’en trouver par ici… A l’époque je n’avais pas pensé à en réaliser moi-même, mais ce blog m’a appris depuis qu’on pouvait faire beaucoup de choses « maison »… J’ai bien évidemment trouvé la recette du vin de noix dans mon fameux livre de cuisine dédié à ce fruit. Seulement on était à l’époque en automne, et le vin de noix se prépare avec des noix vertes… que l’on cueille autour de la Saint-Jean, avant que le bois de la coquille ne se soit formé. J’ai donc du patienter jusqu’à aujourd’hui.
C’est lors d’un footing sur les chemins de campagne que j’ai repéré un superbe noyer qui débordait de jolis fruits dodus bien verts. Le bon moment été enfin arrivé. J’en ai récolté un peu plus que prévu, me souvenant d’une autre recette qui attisait ma curiosité, à base de noix vertes également. C’est cette recette que je vous présente aujourd’hui, en attendant que mon vin de noix macère le temps nécessaire à développer tout son arôme. Je vous donne toutefois ici également sa recette. Si le cœur vous dit d’en faire, c’est maintenant. Par contre, il faudra attendre trois mois pour la dégustation et le verdict…

J’ai remarqué de surcroît une chose, avec ces ingrédients que l’on trouve encore de façon très saisonnière (là où moins c’est sûr, vous ne trouverez pas des noix vertes sur les étales de vos supermarchés au mois de novembre…) : on les apprécie d’autant plus. Imaginez le bonheur de déguster un met que l’on savoure à sa juste valeur, parce que précisément, on a attendu le moment de sa récolte. Ce sont toujours les choses rares qui sont les meilleurs, la gastronomie ne déroge pas à cette règle. Au-delà des nombreux problèmes écologiques et éthiques liés aux cultures intensives qui nous permettent d’avoir entre autres des fraises et des asperges dès février (je vous épargne un discours à ce sujet, d’autres en ont déjà beaucoup parlé, à juste titre d’ailleurs), cet accès à tous les produits à n’importe quelle saison nous prive au final du plaisir que l’on peut avoir à les (re)découvrir chaque année, à une période bien donnée… Un peu comme à l’image du potimarron. Je suis comme une gamine devant un jouet, quand je découvre au marché les premiers potimarrons de la saison. J’en fais une orgie puis je patiente jusqu’à l'année suivante. Et cela ne me manque pas, parce qu’entre temps je renouvelle ce plaisir avec les autres fruits et légumes au fil de leur saison respective mais surtout parce que je sais que mon ravissement sera toujours intact la fois prochaine.

CONFITURE_NOIX_VERTES


Confiture de noix vertes
- noix vertes
- sucre
- 1 bâton de cannelle

Eplucher les noix afin d’ôter leur peau verte, tout en conservant la partie blanche. Les placer au fur et à mesure dans une casserole d’eau froide. Les y faire cuire, jusqu’à ce que l'on puisse les écraser. Les égoutter et les peser. Les réserver dans leur eau de cuisson. Peser le même poids de sucre que celui des noix. Réaliser un sirop avec ce sucre, recouvert d’eau. Laisser cuire à petit feu 40min. Ajouter les noix et le bâton de cannelle. Poursuivre la cuisson 30min environ, jusqu'à la consistance souhaitée. Verser la confiture bouillante dans des bocaux en verre. Fermer les pots et les retourner afin de stériliser les couvercles. Les laisser refroidir ainsi avant de les stocker.

Petite confidence : à vrai dire, cette recette est mon deuxième essai (inspiré du site de cuisine Marmiton). Le premier, réalisé à partir de la recette de mon livre sur les noix, a été une véritable catastrophe. La recette ne précisait pas d'éplucher les noix et je me suis retrouvée avec des noix entières, flottant dans du caramel collant… Pour avoir testé, je vous conseille également d’utiliser des gants lorsque vous épluchez vos noix, sous peine de vous retrouvez à devoir justifier les drôles d’empreintes couleur encre sur le bout de vos doigts !

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Vin de noix

- 20 noix vertes
- 2L de vin rouge
- 50cl d’eau de vie
- 150g de sucre

Laver les noix et les couper en morceaux. Les mélanger aux autres ingrédients. Verser dans un bocal de 3L et boucher. Laisser macérer 3 mois. Filtrer puis mettre en bouteille.

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