Il y a des jours, où le mauvais sort s’acharne. Des jours où l’on se demande ce que l’on a bien pu faire pour être maudit de la sorte. Des jours où l’humeur en devient grise comme le ciel. Dimanche dernier était un jour de ceux là (et je vois que je ne suis pas la seule)

Poussée par une motivation infaillible, je me suis mise aux fourneaux dès le matin, et n’ai quitté ma cuisine que dans l’après midi. Comme à mon habitude (fâcheuse habitude, certes), j’ai voulu trop en faire. Je veux dire par là que je n’ai pas su m’arrêter à temps. Après un raté, puis deux ratés, j’aurais pu me dire que « bon, là, stop... on essayera un autre jour, un jour meilleur… » Mais non, je suis butée persévérante. J’ai tout de même "réussi" à réaliser, entre autres, des muffins insipides (j’ai voulu remplacer le sucre et le beurre par du chocolat blanc fondu… visiblement ça n’a pas le même effet), des panna cotta inondées par un sirop à l’ouzo (une idée qui a mal tourné) et, comble de la gloire, des barres de céréales au goût de poulet rôti (comment de l’huile de sésame, après passage au four, peut donner à mes barres de céréales ce « délicieux » parfum de poulet ?…) Afin de sauver ma journée -et mon honneur- je ne pouvais raisonnablement pas en rester sur ces  échecs à répétitions. Dans un dernier élan d’espoir, j’ai préparé des petits clafoutis pour le dîner. Et figurez-vous que ce repas avait un goût étrangement bon, celui de la victoire !

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Cette idée de clafoutis vient de loin… Tout a débuté avec Lauriana, qui m’a contaminé avec sa folie des pois (voyez par vous même). Aussi, quand je suis tombée sur ces jolis moules en forme de cœur, je n’ai pas résisté à les acheter. Restait à trouver une recette pour les inaugurer. Ne voulant pas de sucré, j’en suis rapidement venue à l’idée d’un clafoutis. Pour la garniture, j’ai été inspiré par les samossas de Loukoum. Il y a quelques jours, j’ai testé cet heureux mariage du fromage de chèvre avec l’ail des ours dans une tarte. Comme je n’avais pas de poulet, je l’ai remplacé par du surimi, et c’était très bien aussi. J’avais bien envie de récidiver sous une autre forme, mais avec du pesto d’ail des ours, au lieu des feuilles directement ciselées. Voilà comment, de fil en aiguille, les idées des uns et des autres me permettent de pousser toujours plus loin mon imagination, afin de créer, dans l’infini des possibilités, de nouvelles recettes. C’est ça aussi, la magie des blogs.   

Clafoutis carotte-chèvre au pesto d’ail des ours.

CLAFOUTIS_CAROTTE_CHEVRE

Pour 4 personnes (en entrée) :

- 3 carottes

- 2 œufs

- 6 bâtonnets de surimi

- 125ml de lait

- 100g de fromage de chèvre frais

- 2 cuillères à soupe de farine

- 4 cuillères à café de Pesto d’ail des ours * (ou tout autre pesto)

- sel, poivre

Préchauffer le four à 180°C. Peler les carottes et les râper.

Préparer la pâte à clafoutis : mélanger au fouet les œufs et le fromage de chèvre. Délayer la farine dans le lait et incorporer ce mélange à la préparation. Ajouter le pesto d’ail des ours, saler et poivrer. Graisser quatre ramequins. Y répartir les carottes râpées, ajouter les bâtonnets de surimi coupés en rondelles et recouvrir de pâte. Enfourner pour une vingtaine de minutes. A déguster chaud ou tiède. 

* Pesto d’ail des ours :

(pour un petit pot)

- 30g de feuilles d’ail des ours

- 30g de cerneaux de noix

- 30ml d’huile de noix

- sel, poivre

Laver et bien sécher les feuilles d’ail des ours. Mixer tous les ingrédients ensemble.

A conserver au réfrigérateur.

A défaut d’ail des ours, faire un pesto de basilic en procédant de la même manière.

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Ce que j'en dis: de jolies couleurs, du fondant, du moelleux, de l'onctueux, pour finir sur la saveur si particulière de l'ail des ours. Bref, une petite entrée rapide et savoureuse.